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Ex-Face II Goss, Ranto entame sa carrière solo avec un premier album, intitulé “Mon cœur bat encore”, produit par le label indépendant ConéBiz qu’il a créé en 2001. Seize titres avec des invités intéressants : Streup Daddy qui chante en créole,la chanteuse Tess, Tyto Tchyno et surtout Katia Aznavour. À 24 ans, Ranto, auteur compositeur, semble au sommet de son œuvre. Né à Madagascar, il vit en France depuis l’âge de 5 ans et chante depuis une dizaine d’années. Abouti, son album solo, marque un véritable tournant dans sa carrière artistique. “La musique de mes débuts était plus naïve. Réfléchie mais pas assez approfondie. Aujourd’hui, j’attache beaucoup plus d’importance aux textes, tout en soignant la partie instrumentale. J’ai toujours chanté dans un groupe mais j’ai eu envie de travailler seul. Pour te ressembler, un album doit être vraiment personnel”. Et intimiste, cet album l’est assurément. Une œuvre quasi autobiographique où l’artiste donne une partie de lui-même dans chacun des morceaux. Ranto y dévoile sans retenue ses pensées profondes, souvent noyées dans le paradoxe. Entre amour et haine, confiance et trahison, violence et peur… Chacune de ses œuvres prend un ton tragique, basculant d’un extrême à l’autre. “Il faut accepter la mort, comme on accepte de vivre”, dit-il. “Les rappeurs oublient trop vite d’où ils viennent” Artiste définitivement engagé, Ranto fait valoir son droit à l’expression. Et le rap le lui permet, bien qu’il refuse le qualificatif de “rappeur” qui ne le représente plus. Il dénonce ainsi l’esprit trop “commercial” des rappeurs de la scène française. “Je n’aime pas ce qui se fait en ce moment. Quand un artiste débute, il parle de choses simples, comme les difficultés qu’il vit au quotidien. Une fois que le succès est là, les artistes ont tendance à faire du commercial et s’éloigner de la réalité. Les rappeurs oublient bien trop vite d’où ils viennent. Ce qui me déplaît c’est le manque d’engagement et le non-respect des valeurs, comme celle de la famille”. C’est donc dans son quotidien que Ranto puise son inspiration. La vie de la cité, celle du Val Fourré où il vit depuis 1990 : le racisme, le mal de vivre, la mort et le respect des valeurs, autant de thèmes qu’il met en chanson dans cet album. Malgré l’univers sombre qu’il décrit, Ranto a foi en l’avenir et des projets plein la tête. Son titre préféré “Viendra le jour”, résume d’ailleurs son état d’esprit actuel, entre espoir et perplexité. “J’ai la chance de faire ce que j’aime. Ça n’a pas été facile, mais je me suis donné les moyens de réussir. Certains ont cru en moi comme l’organisme Défi Jeunes qui m’a beaucoup aidé pour l’élaboration de cet album dont je suis très fier”.
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